Jeudi 4 novembre 2010
20h
Salle Jolibois
20 rue Fonvielle à Albi

 

 

Non-violence ou non-vengeance, que dit la Bible?

Hervé Ott

Hervé Ott, formateur-consultant pour la prévention de la violence, a démontré qu’il pouvait y avoir une réponse évangélique  à la violence. Sa tentative de répondre à la question « Non-violence ou non-vengeance, que dit la Bible » nous a conduit dans une réflexion autour de six points : une définition de la non-violence (mot lui-même absent de la Bible), la violence et la Parole (la Bible décrivant la violence des rapports humains), la violence et l’interdit (les dix Paroles), la non-violence de l’Évangile, de  la non-violence à la non-vengeance, et la violence divine (la vengeance de Dieu).

 

Nous nous contenterons de rapporter ses propos. Abordant la définition de la non-violence : « si nous parlons de « non-violence » dans l’esprit de ses créateurs, c’est en réaction à la violence. Or que dit la Bible de la violence ? C’est là que ça se complique. Car il faut préciser que ce mot recouvre une impressionnante liste de manifestations diverses. ».

 

Quant au lien violence et Parole : « la Bible est tellement pleine de violence que le Dieu dont elle parle, du moins dans le 1er testament, ne peut pas être le même que celui auquel Jésus d’adresse en l’appelant « Papa ». Mais comme le dit très bien Lytta Basset, c’est parce que la Bible parle de la violence des hommes qu’elle est une vraie parole, elle décrit la profonde réalité des rapports humains […]que c’est la Parole qui libère de la violence. Or toute la Bible est Parole de Dieu, donc une parole qui surgit pour libérer les hommes de leur violence. ».

 

Violence et interdit : «  la violence est le produit d’un non-dit, cela est confirmé par le fait que

toutes les lois fondamentales sont des « inter-dits », des paroles entre, la parole entre qui

permet de dire la limite et de mettre des mots sur la transgression. Car la loi est fondamentalement ce qui permet aux humains de vivre ensemble : c’est la loi qui créé la

possibilité de la rencontre, de la confiance, de la sécurité. »

 

Jésus a-t-il été violent ? L’épisode des marchands du Temple pourrait nous laisser le penser : «  Jésus est convaincu qu’on peut ébranler l’adversaire dans sa violence, en réagissant de façon asymétrique : soit par le silence, soit par la confrontation verbale (comme lorsqu’il est giflé par des soldats ou lorsqu’il sauve la femme adultère de la lapidation) ou par l’action symbolique (tendre l’autre joue quand on est souffleté ou intervenir auprès des marchands du Temple). Car si au fond du fond, notre réaction la plus légitime, face à une injustice, est de réclamer justice, elle ne peut pas consister à nous faire justice nous même ! »

 

Mais la non-violence est-elle appropriée ? ne vaut-il mieux pas parler de non-vengeance : « Daniel Sibony qui dans son livre « Violence » (Seuil 1998) fait une critique de la « non-violence » comme « contre violence » parce qu’elle renverrait à l’autre violent sa propre violence en pleine figure. Or, l’évangile va encore plus loin « aimez vos ennemis ». Et c’est pourquoi Sibony écrit « dans cette ligne, tout autre est l’appel de la vieille Bible à ne pas se venger et à trouver d’autres moyens de se réparer. Refus plus subtil d’une certaine violence »

 

Un Dieu vengeur ? : « Le  thème de la vengeance et de la colère de Dieu est toujours a rattacher à l’exercice de la justice : c’est parce que seul Dieu peut être juste dans ses sentences que les humains ne peuvent avoir recours à la vengeance, à l’auto-justice. Et c’est bien ce sur quoi l’évangile de Jean insiste sans cesse : « moi, je ne juge personne » dit Jésus.

 

Et Hervé Ott de conclure : «  toute la Bible retrace un très long cheminement des hommes à travers leur expérience, leur perception, leur compréhension de la violence, pour finir par découvrir avec la mort de Jésus sur la croix, que la violence est étrangère à Dieu, qu’elle est spécifique au monde des humains. »


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Non-vengeance